
Secrétariat d'Etat à la santé et aux handicapés
Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins
Direction générale de la santé
Circulaire DGS/DHO S/E 2 n° 2000-645 du 29 décembre 2000 relative à l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé
NOR : MESH0030586C
(Texte non paru au Journal officiel)
Références :
Article L.
6111-1 du code de la santé publique (loi n° 98-535 du 1er juillet 1998 relative
au renforcement de la veille sanitaire et du contrôle de la sécurité sanitaire
des produits de santé destinés à l'homme) ;
Articles R. 711-1-1 à R. 711-1-10 du code de la santé publique (décret
n° 99-1034 du 6 décembre 1999 relatif à l'organisation de la lutte contre
les infections nosocomiales dans les établissements de santé) ;
Arrêtés du 3 août 1992 et du
19 octobre 1995 relatifs à l'organisation de la lutte contre les infections
nosocomiales ;
Arrêté du 17 octobre 2000
relatif au bilan annuel des activités de lutte contre les infections nosocomiales
dans les établissements de santé.
Textes abrogés :
Circulaire n° 263 du 13 octobre 1988 relative à
l'organisation de la surveillance et de la prévention des infections nosocomiales
;
Circulaire DGS/VS/VS 2 - DH/EO 1 - n° 17 du 19 avril 1995 relative à la lutte
contre les infections nosocomiales dans les établissements de santé publics
ou privés participant à l'exécution du service public.
La secrétaire d'Etat à la santé et aux handicapés à Mesdames et Messieurs les préfets de région (directions régionales des affaires sanitaires et sociales [pour information]) ; Mesdames et Messieurs les préfets de département (directions départementales des affaires sanitaires et sociales [pour mise en oeuvre et diffusion]) ; Mesdames et Messieurs les directeurs des agences régionales de l'hospitalisation (pour information)
Elément fondamental de la politique d'amélioration
de la sécurité et de la qualité des soins, la lutte contre les infections nosocomiales
a connu depuis dix ans d'importants développements. Elle est inscrite désormais,
en vertu de l'article L. 6111-1
du code de santé publique, parmi les missions de tout établissement de santé.
Le décret du 6 décembre 1999 relatif à l'organisation de la lutte contre les
infections nosocomiales définit les conditions de cette nouvelle disposition.
Ce décret prévoit que tout établissement de santé, qu'il soit public ou privé,
détermine un programme d'action de lutte contre les infections nosocomiales,
constitue un comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) et se
dote d'une équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière. La présente circulaire
a donc pour objet de préciser aux établissements de santé les modalités de mise
en place de ces dispositions réglementaires.
Ce texte après avoir exposé la politique menée en France dans le domaine de
la lutte contre les infections nosocomiales, définit, dans une première partie,
les composantes du programme d'action ainsi que les actions prioritaires à mettre
en place. Dans une seconde partie, il précise le rôle et les modalités d'organisation
des structures de lutte contre les infections nosocomiales.
Introduction
Les infections nosocomiales sont des infections
contractées dans un établissement de santé. Elles peuvent toucher les personnes
soignées ainsi que les professionnels de santé en raison de leur activité (1).
En France, les données en matière de surveillance des infections nosocomiales,
issues de diverses enquêtes nationales [1] ou de réseaux inter-établissements,
montrent que les infections nosocomiales les plus fréquentes sont les infections
urinaires, suivies par les infections respiratoires et celles du site opératoire.
La fréquence et la nature de ces infections sont influencées par l'état pathologique
des patients. Certains services hospitaliers ont un taux plus élevé d'infections
nosocomiales, car ils rassemblent une plus forte proportion de patients fragilisés
ou dont l'état nécessite la pratique d'actes invasifs. C'est le cas des services
de réanimation, de chirurgie et de soins de suite et de longue durée. Si la
fréquence des infections nosocomiales est comparable en France à ce qui est
observé dans d'autres pays, la résistance des bactéries aux antibiotiques est
plus fréquente dans notre pays que dans d'autres pays européens, notamment parmi
les pays d'Europe du Nord (Danemark, Pays-Bas, Allemagne).
Face à ce problème de santé publique, le ministre chargé de la santé développe,
depuis plusieurs années, une politique active dans le domaine de la lutte contre
les infections nosocomiales. Dès 1988 (2), des comités de lutte contre les infections
nosocomiales (CLIN) ont été institués dans les établissements de santé publics
ou privés participant au service public hospitalier (PSPH). Ce dispositif a
été complété en 1992 (3) par la création de structures nationales et interrégionales.
Le comité technique des infections nosocomiales (CTIN) est chargé de proposer
les orientations de la politique nationale. A l'échelon interrégional, cinq
centres de coordination de la lutte contre les infections nosocomiales (CCLIN)
ont une mission d'appui scientifique et technique aux établissements de santé
en matière d'investigations, d'enquêtes épidémiologiques, d'informations et
de formations. En 1995, « la cellule infections nosocomiales » rattachée à la
direction générale de la santé et à la direction de l'hospitalisation et de
l'organisation des soins a été créée afin de coordonner le dispositif mis en
place.
L'ensemble des actions engagées s'inscrit depuis 1995 dans un programme national
dont l'objectif est de réduire la fréquence des infections nosocomiales et la
fréquence des bactéries multirésistantes aux antibiotiques (BMR) dans les établissements
de santé. Ce programme est fondé notamment sur la diffusion de recommandations
de bonnes pratiques d'hygiène, l'amélioration de la formation en hygiène et
le développement d'un système national de surveillance épidémiologique des infections
nosocomiales.
Par ailleurs, la nécessité, pour tout établissement de santé, de développer
des démarches d'amélioration de la qualité et de la sécurité des soins a été
rappelée par les ordonnances du 24 avril 1996. Ces mesures législatives ont
introduit le concept d'accréditation [2] et la démarche de contractualisation
qui accordent, tous deux, une large place aux activités de lutte contre les
infections nosocomiales. Enfin, la loi de sécurité sanitaire n° 98-535 du 1er
juillet 1998 est venue renforcer les obligations des établissements vis-à-vis
du risque infectieux. Désormais, figurent, parmi les missions de tout établissement
de santé, l'organisation de la lutte contre les infections nosocomiales et autres
affections iatrogènes, l'organisation d'un système assurant la qualité de la
stérilisation des dispositifs médicaux (4), le signalement et le recueil de
certaines infections nosocomiales et affections iatrogènes [4].
Ces évolutions répondent aux exigences légitimes du public en matière de sécurité
sanitaire et d'information précise dans ce domaine, comme en témoignent les
conclusions des états généraux de la santé de 1999 et les décisions rendues
par les deux ordres de juridiction administrative et civile. Désormais, la responsabilité
des établissements de santé publics est engagée pour faute présumée. Pour s'exonérer
de cette responsabilité, ces établissements doivent prouver qu'ils ont mis en
oeuvre toutes les règles et recommandations en matière d'hygiène. En application
du principe d'obligation de sécurité de résultat, la responsabilité des établissements
privés est reconnue même en l'absence de faute. Ces établissements doivent,
pour s'exonérer de cette responsabilité, apporter la preuve que l'infection
nosocomiale est due à une cause étrangère.
I. - LE PROGRAMME D'ACTION DE
LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES DES ETABLISSEMENTS DE SANTÉ
(ART. R. 711-1-1 DU CODE
DE LA SANTÉ PUBLIQUE)
Chaque établissement de santé doit élaborer un
programme d'action visant à prévenir les infections nosocomiales et réduire
leur fréquence. Ce programme s'inscrit dans une démarche d'amélioration continue
de la qualité des soins et met en oeuvre les objectifs généraux de la lutte
contre les infections nosocomiales exposés, notamment dans le projet d'établissement.
Ce programme s'intègre dans le volet « qualité et sécurité des soins » du contrat
d'objectifs et de moyens conclu avec l'agence régionale de l'hospitalisation.
Ce programme annuel préparé par le CLIN en collaboration avec l'équipe opérationnelle
d'hygiène hospitalière et de prévention des infections nosocomiales, est proposé
à l'avis de la commission médicale d'établissement et de la commission du service
de soins infirmiers et, dans les établissements privés, à l'avis de la conférence
médicale. La réalisation de ce programme requiert l'adhésion de l'ensemble des
professionnels, et nécessite le soutien actif de la direction de l'établissement,
de l'encadrement médical, paramédical et technique. La mise en oeuvre de ce
programme, qui implique une coopération entre l'équipe opérationnelle d'hygiène
hospitalière et de prévention des infections nosocomiales, les structures «
qualité et gestion des risques » si elles existent, les services cliniques,
le laboratoire de microbiologie et les autres services concernés (pharmacie,
direction, médecine du travail, services techniques et de formation), nécessite
que le CLIN définisse le rôle de chacun des acteurs.
Ce programme annuel tient compte des spécificités de l'établissement et des
priorités nationales définies par le CTIN. Ce programme définit les objectifs
à atteindre et précise les mesures de prévention (cf. point I-1), le programme
de surveillance (cf. point I-2) ainsi que les actions de formation (cf. point
I-4) et d'information (cf. points I-5 et I-6) nécessaires à la réalisation des
objectifs fixés. En outre, il mentionne les méthodes d'évaluation des actions
entreprises permettant d'apprécier le niveau de réalisation du programme. Les
résultats de cette évaluation figurent dans le rapport annuel d'activité de
la lutte contre les infections nosocomiales établi par le CLIN (cf. point I-7).
I.1. - LES MESURES DE PRÉVENTION DES INFECTIONS NOSOCOMIALES
Des mesures de prévention et, notamment, des recommandations
techniques de bonnes pratiques d'hygiène (fiches techniques ou protocoles),
visant à garantir la sécurité vis-à-vis du risque infectieux des personnes soignées
et des professionnels de santé, sont établies dans chaque établissement. Un
état des lieux des pratiques, notamment à l'aide d'audits ou de tout autre outil
approprié, est une étape préalable à l'élaboration de ces protocoles ou fiches
techniques. A cet effet, les établissements peuvent s'appuyer sur l'aide méthodologique
et les ressources bibliographiques disponibles dans les C.CLIN.
Les principaux domaines qui pourront être abordés sont cités dans les « 100
recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales
» [3]. Il s'agit de l'hygiène de base, l'hygiène des actes à haut risque d'infection,
les mesures d'hygiène spécifiques à certaines activités, patients ou risques,
l'utilisation des produits, la sécurité de l'environnement (air, eau, surfaces,
linge, alimentation, déchets).
Ces protocoles ou fiches techniques établis en collaboration avec les services
et l'équipe opérationnelle de prévention des infections nosocomiales sont régulièrement
mis à jour. Ils figurent dans le livret d'information destiné aux nouveaux membres
du personnel et doivent être consultables, à tout moment, au niveau de chaque
unité de soins par l'ensemble des professionnels de l'établissement. La mise
en place de ces protocoles ou fiches techniques est accompagnée d'actions d'information
et de formation du personnel concerné. L'observance des mesures préconisées
dans ces protocoles ou fiches techniques est régulièrement évaluée, en particulier,
par l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des infections
nosocomiales.
Dans chaque établissement, une attention particulière doit être portée :
I.2. - LA SURVEILLANCE DES INFECTIONS NOSOCOMIALES
La surveillance des infections nosocomiales est un outil indispensable à la détermination et l'adaptation de la stratégie de prévention de chaque établissement. Son objectif est d'obtenir des informations épidémiologiques permettant de :
En fonction de la taille de l'établissement et
de la nature des soins prodigués, la surveillance peut être sélective et concerner
les services ou groupes de patients pour lesquels les risques sont les plus
élevés ou ceux pour lesquels sont mises en place des actions de prévention [3].
La surveillance des infections nosocomiales s'exerce dans les règles de confidentialité.
Les membres du CLIN et de l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et
de prévention des infections nosocomiales ont accès aux informations et données
nécessaires à la surveillance. La gestion et l'exploitation des données de surveillance
sont facilitées par l'outil informatique et peuvent être organisées en relation
avec le département d'information médicale.
Chaque établissement, dans le cadre son programme d'action, met en oeuvre un
programme de surveillance défini par le CLIN selon les spécificités de l'établissement
et en s'appuyant sur les recommandations diffusées par le CTIN [3] :
La participation des services à des réseaux de surveillance animés par les C.CLIN doit être privilégiée, en raison de l'encadrement méthodologique et de l'appui scientifique apportés par ces structures. En outre, la participation à ces réseaux offre la possibilité à chacun des services participants de s'autoévaluer.
I.3. - L'ALERTE
Les événements inhabituels ou sévères, dont l'origine
nosocomiale peut être suspectée, doivent être portés, sans délai, à la connaissance
du CLIN et de l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention
des infections nosocomiales afin que les investigations nécessaires à la détermination
de leurs causes soient menées et que des mesures de prévention soient mises
en oeuvre.
Ces événements inhabituels par leur gravité ou leur répétition, les caractéristiques
du germe, les caractéristiques de survenue concernent notamment :
Dans chaque établissement, le CLIN détermine les
modalités d'information et d'intervention de l'équipe opérationnelle d'hygiène
hospitalière et de prévention des infections nosocomiales lors de la survenue
de ces événements.
Un décret en Conseil d'Etat pris en application de l'article L.
6111-4 du code de la santé publique précisera, parmi ces événements, ceux
qui devront faire l'objet d'un signalement aux autorités sanitaires ainsi que
leurs modalités de transmission.
I.4. - LA FORMATION DES PROFESSIONNELS DE L'ÉTABLISSEMENT EN MATIÈRE DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES
La formation dans le domaine de l'hygiène hospitalière et de la gestion du risque infectieux est un élément essentiel de la politique de prévention et de lutte contre les infections nosocomiales menée par tout établissement de santé. Les établissements privés peuvent utilement s'inspirer des dispositions suivantes prescrites aux établissements de santé publics :
I.5. - L'INFORMATION DES PROFESSIONNELS DE L'ÉTABLISSEMENT
Pour obtenir leur adhésion dans la durée aux actions de prévention du risque nosocomial, les professionnels de l'établissement doivent bénéficier d'une information régulière concernant les actions menées et leurs résultats. L'information des services médicaux, médico-techniques, techniques, administratifs et des instances d'avis et de conseil de l'établissement (commission ou conférence médicale d'établissement, commission du service de soins infirmiers, comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) est réalisée par le CLIN et l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des infections nosocomiales. Cette information est assurée par la diffusion :
I.6. - L'INFORMATION DES PATIENTS
L'accès à une information adaptée est une exigence
légitime de tout patient. Il constitue un élément indispensable à l'instauration
d'une confiance réciproque entre les professionnels de santé et les malades
et contribue à la promotion de la qualité des soins.
L'information des patients est réalisée :
I.7. - L'ÉVALUATION DU PROGRAMME D'ACTION DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES
L'évaluation annuelle du programme permet d'apprécier
le degré de réalisation des objectifs du programme, afin de proposer de nouveaux
objectifs pour les années suivantes. Elle concerne les actions de prévention,
surveillance, formation, information et porte sur les moyens mis en oeuvre,
les procédures utilisées et les résultats constatés. Sa méthodologie et les
moyens de sa mise en oeuvre sont déterminés dès l'élaboration du programme d'action.
L'évaluation des actions de lutte contre les infections nosocomiales est effectuée
par l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des infections
nosocomiales de l'établissement de santé.
Les résultats de cette évaluation figurent dans le rapport annuel d'activité
établi par le CLIN. Ce rapport, consultable sur place, comporte le bilan standardisé
des activités de lutte contre les infections nosocomiales défini par l'arrêté
du 17 octobre 2000.
Ce bilan d'activité est adressé par le représentant légal de l'établissement
aux services déconcentrés de l'Etat (DDASS) et au C.CLIN de l'interrégion. Ces
bilans permettront aux DRASS, en collaboration avec le C.CLIN de l'interrégion,
de réaliser une synthèse régionale des actions menées par les établissements.
II. - LES STRUCTURES DE LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES DANS LES ÉTABLISSEMENTS DE SANTÉ
La lutte contre les infections nosocomiales concerne l'ensemble des activités de l'établissement et implique tous les professionnels de l'établissement. La conception, la mise en oeuvre et l'évaluation du programme d'action nécessite la mise en place, dans chaque établissement de santé, de structures spécifiques :
En outre, l'identification, au sein de chaque service ou secteur d'activité, de correspondants en hygiène permettra de relayer les actions de prévention des infections nosocomiales.
II.1. - LE COMITÉ DE LUTTE
CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES (CLIN)
(ART. R. 711-1-4 à R. 711-1-7 DU CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE)
Missions
Un CLIN est constitué dans chaque établissement
de santé. Ce comité est une instance de proposition et de programmation. Le
CLIN, en collaboration avec l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et
de prévention des infections nosocomiales, prépare le programme annuel d'action
en matière de lutte contre les infections nosocomiales. Il s'assure de la coordination
et de la cohérence des actions menées au sein de l'établissement.
Le CLIN est une instance consultative. Il est informé par le représentant légal
de l'établissement et donne son avis sur les projets d'aménagement de locaux,
d'étude des circuits et d'acquisition d'équipement dans le cas où ces projets
peuvent avoir des conséquences dans le domaine de l'hygiène.
Le CLIN établit le rapport annuel d'activité qui permet d'apprécier le degré
de réalisation des objectifs fixés.
Composition
La composition du CLIN est élargie à l'ensemble
des catégories professionnelles. Le conseil d'administration ou l'organe qualifié
dans les établissements de santé privés fixe le nombre et la qualité des membres
du CLIN conformément à l'article R. 711-1-4. La nomination des membres du CLIN
est prononcée par le représentant légal de l'établissement.
Au sein du CLIN, l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention
des infections nosocomiales est représentée par un praticien et un membre du
personnel infirmier de cette équipe. Par ailleurs, conformément aux points l
et m de l'article R. 711-1-4, au moins une personne parmi les professionnels
mentionnés à chacun de ces points est désignée. Enfin, le décret en cours de
préparation sur la pharmacie à usage intérieur prévoit que le président du comité
des médicaments et des dispositifs médicaux stériles, ou son représentant, soit
membre du CLIN.
Dès sa constitution, le comité élit, parmi les médecins et pharmaciens nommés,
un président et un vice-président. Lors de leur premier mandat, il est particulièrement
utile que le président et le vice-président participent, en particulier, aux
formations orientées sur leurs missions et fonctions de coordination.
En plus des membres nommés, le CLIN peut faire appel aux compétences de professionnels,
invités permanents ou occasionnels. En particulier, selon l'ordre du jour ou
chaque fois que nécessaire, il est souhaitable que participent aux travaux du
CLIN un représentant des services économiques, de la formation continue, de
la qualité et de la gestion des risques, du comité d'hygiène, de sécurité et
des conditions de travail, les correspondants des vigilances, les responsables
des écoles professionnelles relevant de l'établissement. Des représentants des
ARH, DDASS, DRASS, C.CLIN pourront être invités à ce titre aux réunions du CLIN.
Les usagers sont consultés par le CLIN sur les actions menées dans l'établissement
en matière de lutte contre les infections nosocomiales. L'article R. 711-1-6
précise que cette consultation s'effectue par l'intermédiaire de représentants
des usagers, qui assistent à la réunion du CLIN au cours de laquelle le rapport
annuel d'activité est présenté et le programme d'action discuté.
Le CLIN se réunit en séance plénière au moins trois fois par an. Le représentant
légal de l'établissement met à disposition du comité les moyens nécessaires
à son fonctionnement et notamment un temps de secrétariat.
II.2. - L'ÉQUIPE OPÉRATIONNELLE
D'HYGIÈNE HOSPITALIÈRE ET DE PRÉVENTION DES INFECTIONS NOSOCOMIALES
(ART. R. 711-1-9 DU CODE DE LA SANTÉ PUBLIQUE)
Missions
Les actions de l'équipe opérationnelle d'hygiène
hospitalière et de prévention des infections nosocomiales s'inscrivent dans
une démarche d'amélioration continue de la qualité des soins.
Cette équipe est chargée de mettre en oeuvre et d'évaluer le programme de lutte
contre les infections nosocomiales adopté par l'établissement. Cette équipe
a un rôle d'expert dans la gestion du risque infectieux. Elle intervient dans
le choix des méthodologies relatives aux différentes actions à entreprendre.
Elle participe, en coopération avec les services concernés, à l'élaboration
des recommandations techniques de bonnes pratiques, assure leur diffusion et
mise en place et collabore à l'évaluation de leur application. Elle organise
le recueil et le traitement des données de la surveillance, coordonne et participe
à la formation des professionnels dans le domaine de la gestion du risque infectieux.
En outre, elle réalise les investigations et interventions lors de la survenue
d'événements inhabituels ou sévères et participe à la mise en place des mesures
réglementaires en matière d'hygiène.
Composition
L'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière
et de prévention des infections nosocomiales associe, au minimum, un médecin
ou un pharmacien ainsi qu'un personnel infirmier. Cette équipe peut être complétée
par d'autres professionnels (techniciens bio-hygiénistes, techniciens d'études
cliniques) et doit pouvoir s'appuyer sur un secrétariat éventuellement commun
avec celui du CLIN.
Chaque établissement de santé se dote de ressources humaines spécifiquement
dédiées à la gestion du risque infectieux. L'objectif serait d'atteindre, d'ici
trois ans, un ratio d'un personnel infirmier équivalent temps plein pour 400
lits et d'un personnel médical ou pharmaceutique équivalent temps plein pour
800 lits. Dans les établissements de petite taille, la mutualisation des ressources
humaines, y compris pour le secrétariat, par la création d'équipes interétablissement
est à privilégier.
Les membres de cette équipe posséderont l'ensemble des compétences nécessaires
à l'exercice de leurs missions.
Le personnel infirmier, outre les connaissances dans les domaines de l'épidémiologie,
l'hygiène hospitalière et la gestion du risque infectieux, possédera des compétences
en matière d'encadrement, pédagogie et méthodologie (qualité, gestion des risques,
évaluation). Dans l'objectif de favoriser la reconnaissance de sa fonction transversale
au sein de l'établissement, et selon les ressources et le contexte local, il
est souhaitable que cet agent occupe une position hiérarchique légitimant ses
actions. De plus, dans les établissements publics, cet agent doit être associé
aux travaux de la commission du service de soins infirmiers au titre de personne
qualifiée conformément à l'article R. 714-26-8.
Le personnel médical et pharmaceutique aura, au cours de son cursus ou de formations
postuniversitaires, acquis des connaissances en hygiène hospitalière, épidémiologie,
microbiologie, maladies infectieuses et démarche qualité.
Organisation
Dans les établissements de santé autres que les
hôpitaux locaux, l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention
des infections nosocomiales doit être organisée dans les conditions prévues
aux articles L. 6146-1 à L. 6146-8 du code de la santé publique relatifs à l'organisation
des soins et fonctionnement médical.
En fonction des besoins de l'établissement de santé, les personnels de l'équipe
opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention peuvent assurer des fonctions
dans d'autres secteurs d'activité de l'établissement. Leurs activités au titre
de cette équipe doivent être clairement définies.
II.3. - LES CORRESPONDANTS EN HYGIÈNE HOSPITALIÈRE
Afin de relayer la mise en oeuvre du programme d'action, il est particulièrement utile que soient désignés parmi, les personnels de chaque service ou, dans les établissements privés, de chaque secteur d'activité, un correspondant médical et un correspondant paramédical. Ces correspondants facilitent la mise en oeuvre des actions de prévention et de surveillance des infections nosocomiales, à travers leur participation :
Le CLIN et l'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des infections nosocomiales déterminent le profil des correspondants, la durée de leur mandat, le champ et l'organisation de leurs activités, le contenu de leur formation à inscrire au plan de formation de l'établissement. Au sein de chaque service ou secteur d'activité, le correspondant médical est désigné par le responsable médical du service et, dans les établissements privés, par le directeur ou représentant légal de l'établissement. La liste de ces correspondants est transmise à la commission ou conférence médicale d'établissement. Le correspondant paramédical est désigné par le responsable de l'encadrement paramédical du service ou du secteur d'activité, en concertation avec le directeur du service de soins infirmiers ou, dans les établissements privés, le responsable du service de soins infirmiers.
II.4. - LA LUTTE CONTRE LES INFECTIONS NOSOCOMIALES ET LES ACTIONS DE COOPÉRATION HOSPITALIÈRE
En vertu des dispositions de l'article L. 6134-1, les actions de coopération auxquelles participent les établissements publics de santé peuvent être organisées par voie de convention simple ou dans le cadre de structures dotées de la personnalité morale (syndicat interhospitalier, groupement de coopération sanitaire, groupement d'intérêt public, groupement d'intérêt économique).
L'équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention
L'article R. 711-1-9 prévoit que les établissements
de santé peuvent se doter d'une équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière
et de prévention par la voie d'une action de coopération hospitalière. En vertu
de ces dispositions, les personnels d'un établissement de santé peuvent intervenir
dans un autre établissement pour y assurer les missions dévolues à cette équipe
opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention. L'organisation d'une
telle coopération ne justifie pas la création de structure de coopération mais
peut être utilement mise en oeuvre par voie de convention simple.
Cette équipe mobile, qui pourra être située dans l'établissement le plus important,
intervient au niveau de chacun des établissements dans les conditions définies
par la convention. Afin de faciliter l'activité de cette équipe, il est nécessaire
de :
La lutte contre les infections nosocomiales dans les structures de coopération hospitalière
L'obligation d'organiser la lutte contre les infections
nosocomiales prévue à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique ne vise
que les établissements de santé et ne concerne pas directement les structures
de coopération hospitalière.
Toutefois, il va de soi que les établissements de santé qui assurent certaines
de leurs missions de soins dans le cadre d'une structure de coopération (syndicat
interhospitalier ou groupement de coopération sanitaire) restent soumis, pour
lesdites activités, aux dispositions législatives et réglementaires relatives
à la lutte contre les infections nosocomiales. Chacun de ces établissements
doit, notamment, constituer un CLIN, élaborer un programme d'action. En outre,
il incombe aux établissements de santé ainsi associés d'organiser la lutte contre
les infections nosocomiales pour l'ensemble des activités de soins assurées
au sein d'une structure de coopération. Une politique cohérente et coordonnée
en matière de gestion du risque infectieux doit être instaurée dans les domaines
des soins ou médico-techniques intéressés par cette coopération (ex. : bloc
opératoire, plateau technique) et nécessite l'organisation de réunions communes
des CLIN des établissements coopérants.
Le cadre général d'élaboration du programme d'action en concertation avec les
différents CLIN des établissements membres ainsi que les modalités d'intervention
d'une équipe interétablissement d'hygiène hospitalière et de prévention des
infections nosocomiales, prévues à l'article R. 711-1-9, pourraient être utilement
définis dans les actes constitutifs des structures de coopération (délibérations
concordantes, dans les cas des syndicats interhospitaliers, ou conventions constitutives
dans les cas de groupements de coopération sanitaire).
En revanche, dès lors qu'un syndicat interhospitalier est autorisé à exercer
les missions d'un établissement de santé en vertu de l'article L. 6132-2 du
code de la santé publique modifié par l'article 49 de la loi n° 99-641 du 27
juillet 1999 portant création d'une couverture maladie universelle, ce syndicat
doit être considéré, bien qu'il ne soit pas un établissement de santé, comme
directement assujetti aux obligations prévues à l'article L.
6111-1. Un tel syndicat doit donc, pour les missions de soins qu'il assure
lui-même, constituer un CLIN, élaborer un programme d'action, se doter d'une
équipe opérationnelle d'hygiène hospitalière et de prévention des infections
nosocomiales.
L'évaluation des activités de lutte contre les infections nosocomiales mises
en oeuvre dans les établissements de santé sera réalisée, au niveau régional
et national, par le recueil d'indicateurs portant sur les activités et les moyens
mis en place : bilans standardisés d'activité de lutte contre les infections
nosocomiales, plans de contrôle de sécurité sanitaire menés par les services
déconcentrés. En outre, les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens conclus
entre les établissements de santé et les agences régionales d'hospitalisation
ainsi que le suivi de la procédure d'accréditation fourniront des données sur
l'organisation développée dans les établissements de santé.
Vous voudrez bien diffuser la présente circulaire à l'ensemble des établissements de santé de votre département et nous informer des éventuelles difficultés rencontrées à l'occasion de son application.
Pour la ministre et la secrétaire d'Etat et par délégation :
Le directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins,E. Couty
Pour la ministre et par délégation :
Le directeur général de la santé,L. Abenhaim
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES
1. - Comité technique national des infections
nosocomiales : « Enquête nationale de prévalence des infections nosocomiales.
Mai-juin 1996 ». Rapport juin 1997. Ministère de l'emploi et de la solidarité,
secrétariat d'Etat à la santé et à l'action sociale, Paris, 1997.
2. - Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé : « Manuel
d'accréditation des établissements de santé », février 1999.
3. - Comité technique national des infections nosocomiales : « 100
recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales
». Ministère de l'emploi et de la solidarité, secrétariat d'Etat à la santé
et à l'action sociale, Paris, 1999.
4. - Conseil supérieur d'hygiène publique de France, comité technique national
des infections nosocomiales : « Désinfection
des dispositifs médicaux ». Guide de bonnes pratiques. Ministère de l'emploi
et de la solidarité, secrétariat d'Etat à la santé et à l'action sociale, Paris,
1998.
5. - Comité technique national des infections nosocomiales : « Maîtrise de la
diffusion des bactéries multirésistantes aux antibiotiques ». Recommandations
pour les établissements de santé. Ministère de l'emploi et de la solidarité,
secrétariat d'Etat à la santé et à l'action sociale, Paris, 1999.
6. - Agence nationale pour le développement de l'évaluation médicale (ANDEM)
: « Le bon usage des antibiotiques à l'hôpital », août 1996.
(1) Des définitions précises de ces infections figurent dans les « 100
recommandations pour la surveillance et la prévention des infections nosocomiales
».
(2) Décret abrogé n° 88-657 du 6 mai 1988 relatif à l'organisation de la surveillance
et de la prévention des infections nosocomiales dans les établissements d'hospitalisation
publics et privés participant au service public hospitalier.
(3) Arrêtés du 3 août 1992
et du 19 octobre 1995 relatifs à l'organisation de la lutte contre les infections
nosocomiales.
(4) Décrets d'application en cours de préparation.